Pour tous ceux qui ne sont pas allés écouter, plus que voir, Les amants d'Ulster, voici ce que je peux vous dire : "Messieurs, vous aviez tort !" En effet, l'effet était effectivement effervescent. Les percussions se répercutaient, perles parmi les larmes. Le rythme insaisissable se formait en pirouettes pour mieux se transformer en papillonnements extatiques. Passant aussi soudainement du repos en sourdine à un torrent fou, l'adage porte finalement bien son nom : "méfiez-vous de l'eau qui dort." Pour ce qui est du conte, car il ne faut pas l'oublier, il était de toute beauté. Et encore j'en suis loin, soyons un temps soit peu plus précis. Le lecteur devenait partie du texte, il en était instrument, coffre, et initiateur. Les sons sont souvent envoutant, ceux-ci étaient troublant. Les sons sont souvent perçus par l'appareil auditif, ceux-ci non, par les sens. Enfin, en un mot comme en cent, cette lecture était partie d'un conte, mais on ne sait toujours pas où l'on a atterri. Le manteau de la nuit se posa sur nous pour se rouvrir plus loin. Là où on s'est assis, nous n'avons pas écouté. Et là où nous avons écouté, on ne s'est pas relevé. Le conte nous entrainant encore un peu plus loin. ...
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